Leic’art

Leic’art sonne comme un acronyme qui recèle deux des passions de Gilles Ouaki. Tel un entomologiste, sa collection de LEICA jalonne tout son chemin professionnel. Devenus obsolètes par l’évolution technologique, nombre d’entre eux sont aujourd’hui des objets inertes, sortes de mémoire pour musées spécialisés.

Gilles Ouaki préfère confier ses compagnons de route à des artistes afin qu’ils réactivent cet outil professionnel devenu icône, comme élément central d’une oeuvre dont la singularité de leur dénominateur commun souligne la prééminence de l’image fixe ou mobile. 30 artistes ont ainsi participé à « Leic’art » : d’ Arman à Klasen, de Fromanger à Stéphane Pencreac’h…

Leic’art - Gérard Fromanger, 2009 Leic’art - Jacques Monory Leic’art - Arman et l’oeuvre

Bye bye Polaroïd

Bye bye Polaroid est un aveu d’une mort technologique annoncée de ces clichés instantanés dont la production est arrêtée. Mais c’est également une limite de vie et de stabilité des agents chimiques de ces images qui vont se fondre pour ne laisser, peut-être, qu’un fantôme, une métaphore sur l’impermanence des choses.

« Chasseur d’émotions », Gilles Ouaki a élaboré ce prétexte de rendez-vous avec un ensemble d’artistes de la scène contemporaine : Orlan, Pierre Soulages, Jean-Paul Goude, Fabrice Hyber, Jean-Luc Verna, Robert Combas, Joël Hubaut, Jacques Monory, Fabien Verschaere...

Fabrice Hyber / Gilles Ouaki Robert Combas / Gilles Ouaki Jean-Paul Goude /Gilles Ouaki

REDRUM

Grand Reporter pendant 20 ans pour Le Parisien puis Paris Match (Grand Prix Paris Match), Gilles Ouaki suit l’actualité en privilégiant le cadrage, un champ fermé dans lequel il fait entrer toutes les émotions. La mort d’un gangster ou le sourire d’une star deviennent sublimes. On pense alors à la « chaise électrique » d’Andy Warhol ou aux « meurtres » de Jacques Monory, un rapport direct avec l’angoisse, sans le filtre de la peinture.
60 émotions sur tirages argentiques…

« Quand l’humain n’anéantit pas l’humain, il fait tout pour lui porter secours. Un pompier, un civil, quatre toubibs dont une femme au chevet de cet agonisant étalé sur une civière à roulettes, perforé, tuyauté la main gauche en moins, le front soucieux. Quelques secondes avant l’attentat, il tortorait en famille des tripes à la génoise. La famille ? Requiem. »

extrait du texte REDRUM de Yann Queffélec

Vol à Beaubourg :

« Cette parade amoureuse avec « son oeuvre » qui prend naissance sous son bras est jubilatoire. Mais il sait également que l’objet du délit n’est qu’une simple découpe de bois qu’il peut rendre à l’institution, suite à une éventuelle réprimande des services de sécurité. Il sent bien pourtant que la substance de l’oeuvre grandit à chaque pas, à chaque déambulation parmi les oeuvres exposées, à chaque mètre effectué parmi les invités du vernissage. »

Extrait du texte de Gilles Forest pour Vol à Beaubourg

Artistes représentés

Antoine Alliot/ Angélique / Arman / Ben / Jean-Claude Bouvier / Jacqueline Brito / Broussaille / Max Cartier / Chuen-li / Loïc Connanski / Robert Combas / Dr Courbe / Ange Di Marco / Nathalie Elemento / Erró / Gérard Fromanger/ Carole Gollé / Jean-Paul Goude / Louise Greadel / Manfred Hempel / Joël Hubaut / Fabrice Hyber / le retour du Jedi / Peter Klasen / Herman Klaus / Pierre Klein / William Klein / Léa Lebricomte / Gecer Garcia López/ Manuel Luis López / Jérôme Mesnager / Jacques Monory / Pascal Morabito / Yves Near / Jean-Claude Novaro / Orlan / Stéphane Pencréac’h / Jean-Jacques Passera / Valérie Patel / Jill Pelletier / Bernard Pons / Jean-Pierre Pothier / Roggio Principiano / Françoise Quardon / Yann Queffélec / Bernard Rancillac / Philippe Rodier / Antonio Segui / Pierre Soulages / Thi Thanh / Rémy Tassou / Topolino / Bernard Venet / Jean-Luc Verna / Fabien Verschaere / Jacques Villeglé

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